Proposition de solutions en vue d’une meilleure participation des entreprises à la formation & la démarche guinéenne

Les grandes tendances
Les réformes du système éducatif en vue de son adaptation aux besoins de l’économie ont fait l’objet de plusieurs études, enquêtes, séminaires, colloques… Il existe aujourd’hui trois tendances qui préconisent chacune une méthode d’approche vers l’intégration éducation-travail.
a/ – 1ère tendance: la préparation à la vie active
Les palliatifs proposés par cette tendance visent a réduire les divergences entre l’école et l’entreprise en partant du principe que c’est l’école qui doit faire les concessions nécessaires. Il est tacitement reconnu en effet que ni l’entreprise, ni les débouchés ne changeront, mais que ce sont les valeurs, les aptitudes, les attentes, les choix et les compétences des jeunes qui doivent s’adapter pour remédier à la détérioration de la concordance entre le monde du travail et le monde de l’éducation.
Les programmes doivent être modifiés dans le sens d’une meilleure correspondance avec les métiers existants de manière que les étudiants soient mieux préparés aux types d’emploi qu’ils sont susceptibles de trouver.
b/- 2ème tendance de l’éducation permanente
Bien que l’éducation permanente rassortisse davantage de conceptions théoriques que d’une approche pratique évidente, elle constitue elle aussi une réforme à visées professionnelles qui ne manque pas de défenseurs.
c/- 3ème tendance: le retour aux sources
En Afrique, on a essayé la solution de la “grande usine” c’est-à-dire des écoles techniques et centres de formation de grande taille, inspires des solutions de l’ancien colonisateur et importés avec tous ses détails, y compris les formateurs.
C’est une solution avec beaucoup d’atouts notamment une grande capacité d’accueil, un contrôle centralisé, un regroupement des meilleurs formateurs, etc.
Les résultats d’une telle solution ont été cependant insuffisants bien qu’il existe d’excellents exemples d’institutions de formation qui offrent une qualité tout à fait remarquable. Le grand problème reste celui de la formation du plus grand nombre.
En effet, selon une étude récente de la Banque Mondiale, seulement 6 % des effectifs du secondaire sont dans l’enseignement technique et professionnel.
Quand on sait que les effectifs du secondaire correspondent à une très faible proportion de la population, on réalise que l’enseignement technique et professionnel ne touche qu’une infime partie de cette population.
La formation conçue actuellement coûte cher et cible le secteur formel qui n’a pour le moment aucun espoir de se développer. On dépense de l’argent pour préparer des diplômés qui ne veulent pas sortir de ce secteur traditionnel
La démarche Guinéenne
Les structures existantes, en grande partie au niveau de l’Education nationale, manquent non seulement de moyens (financiers et humains), mais ne couvrent surtout pas tous les métiers et niveaux de qualification nécessaires au développement de l’économie nationale.
Les statistiques relatives à l’offre de formation dans le secteur de l’éducation sont assez éloquentes en ce qui concerne la capacité d’accueil et les filières de formation.
Les centres de formation dépendant d’autres secteurs (ONG, entreprises, ministères), leur nombre est insuffisant et leur impact sur l’offre de formation insignifiant.
Considérant la faiblesse du niveau de qualification des sortants du système de formation d’une part, le chômage qui s’installe progressivement dans le pays d’autre part, le Gouvernement guinéen a estimé que l’une des solutions aux problèmes réside dans la coopération entreprise-système de formation.
Dans sa démarche, l’Etat guinéen a choisi une voie qui prend en compte la préparation à la vie active d’une part avec le système formel (Education) et d’autre part avec le système informel (ONFPP).
A cet effet, une loi sur la formation professionnelle continue et l’apprentissage a été approuvée par le Conseil des Ministres. Cette loi a pour objectif essentiel de mettre en place un système de formation complémentaire du système éducatif, et qui s’articule sur les dispositions suivantes:
1/- Mise en place d’organes de concertation entreprise- système de formation
– Commission consultative nationale sur la formation professionnelle;
– Commission consultative par branche professionnelle.
2/ – Participation des employeurs aux côtés de l’Etat au financement de la formation professionnelle
– Mise en place d’un fonds national de qualification professionnelle avec pour objectif d’amener les entreprises à s’intéresser davantage à la formation de main d’œuvre.
3/- Mise en place de politiques sélectives de formations déterminées en fonction des besoins du marché du travail
La mise en œuvre de cette loi appelle obligatoirement la participation des représentants de l’enseignement technique et professionnel qui pourront en concertation avec les entreprises, définir les modalités d’une coopération qui prenne en compte entre autres, les sous-thèmes indiqués dans le programme:
– stages des enseignants techniques en entreprises pour actualiser leurs connaissances;
– intervention des professionnels des entreprises dans l’enseignement;
– participation des élèves et étudiants aux projets de recherches et de mise au point de prototypes dans les entreprises en rapport avec la politique de développement national.

La participation de la Chambre des Mines de Guinée

De tout ce qui précède, il convient de noter que la Chambre des Mines de Guinée participe activement à la promotion de la formation et de l’emploi. L’exemple le plus récent de cette participation active concerne le projet ‘’booster les compétences et l’employabilité des jeunes’’ mis en place sur financement de la Banque mondiale. Dans les instances de ce projet, la CMG est représentée par Monsieur Mamadi Youla, Président du Conseil d’Administration, qui siège dans le comité d’orientation stratégique tandis que Monsieur Ibrahima Sory Camara, le Directeur Exécutif, participe aux différentes réunions des commissions qui travaillent actuellement dans le cadre de l’organisation d’un forum devant connaitre la participation des institutions de formation, des compagnies minières et des autres sociétés représentant le secteur privé.
Ce séminaire, auquel toutes les compagnies minières sont invitées, sera organisé les 5,6 et 7 Août 2015 à Conakry. Des messages et des lettres sont parvenus à ces compagnies depuis le 30 Juillet dernier.

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