Chers membres,
En ce début d’année 2018, permettez-moi tout d’abord de vous présenter mes meilleurs vœux. : Que cette nouvelle année soit une année fructueuse dans vos entreprises personnelles et professionnelles.
Je tiens ensuite à vous remercier pour la confiance que vous m’avez portée en m’élisant Président de la chambre des mines de Guinée.
Au regard de la liste des présidents qui se sont succédés à la tête de la Chambre des Mines, je mesure la chance et le plaisir de les avoir comme repère tout au long de mon mandat.
Le rôle du président de la Chambre est, entre autres, de relayer la parole ou la position des entreprises membres, auprès des instances gouvernementales, des différents partenaires, de la communauté minière et de l’opinion publique.
Durant mon mandat, je m’emploierai, avec l’appui du Conseil d’administration et de la Direction Exécutive de la Chambre, à assurer ce travail de représentation et de porte-parole de l’ensemble de nos membres, dans leur diversité.
Chers membres,
L’année 2018 se présente bien pour nous. Le contexte économique mondial est favorable à l’investissement. L’économie globale croit et la bonne nouvelle est que la croissance mondiale est synchronisée. Le volume d’investissement direct va augmenter et ceci est une bonne nouvelle pour le secteur minier qui profitera de cette croissance.
En particulier, le secteur minier qui a connu un fort investissement pour environ 3 milliards de dollars américains sur la période 2016- 2020, connait déjà de bonnes promesses d’investissements d’environ 3,6 milliards de dollars américains.
Il n’y a aucun doute à cela, le secteur minier guinéen a le vent en poupe. Nous devons nous en féliciter et faire en sorte que cet investissement puisse être le catalyseur du développement de la Guinée.

Reformes juridiques
L’une des réformes majeures en Guinée a été l’adoption du nouveau code minier en 2011 et amendé en 2013. Ce cadre juridique a permis de placer la Guinée au premier rang en matière d’innovation et d’attractivité dans le domaine de l’investissement minier.
Le nouveau code minier vise à encourager la recherche et l’exploitation des ressources minérales de manière à favoriser le développement économique et social de la Guinée. Il vise aussi à promouvoir une gestion systématique qui garantit les bénéfices économiques et sociaux durables au peuple guinéen, dans le cadre d’un partenariat réciproquement avantageux avec les investisseurs.

Sous le leadership du Ministre des Mines, en concertation avec les acteurs du secteur minier, la réforme du cadastre minier a été achevé et ce cadastre est accessible en ligne depuis mars 2017 ; ce qui assure une meilleure visibilité et transparence dans les mines.

Diversification et Mutualisation des infrastructures

La Guinée aspire à être un pays minier de rang mondial. Cela passe forcément par le développement des infrastructures.
Les infrastructures en soi réduisent le cout d’investissement et améliorent la compétitivité des entreprises. La Guinée doit se donner les moyens de se dote des infrastructures indispensables au développement du secteur minier. Toutefois, il faut le faire de manière intelligente.
La Guinée a expérimenté dans un passe récent la mutualisation des infrastructures du chemin de Fer dans la région de Boké avec trois sociétés existantes (CBG, GAC, COBAD) appelée le « Multi User Agreement ». C’est une innovation dans le développement des mines en Guinée. J’encourage les sociétés minières et le Gouvernement à créer une fiscalité attractive afin d’amplifier le modèle.

Toutefois, ces infrastructures ne devront pas servir uniquement au secteur minier. La Guinée doit profiter de manière intelligente de ces infrastructures pour développer d’autres secteurs de l’économie nationale, en particulier l’agriculture et l’agro-industrie.
La Guinée est citée souvent pour sa pluviométrie et l’étendue de ses terres cultivables. Je reste convaincu que les mines peuvent permettre à la Guinée, à travers les infrastructures de transport ferroviaires et portuaires, de devenir un pays exportateur de premier rang des produits agricoles.

Développement durable

Je tiens à rappeler que l’ensemble de nos membres s’inscrivent dans la vision du gouvernement qui a adopté, récemment, la Politique de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et une politique sectorielle de promotion du contenu local.

Sur le fond, la RSE est un enjeu de société pour lequel de nombreux acteurs se sont mobilisés soit pour faire reconnaître que les entreprises n’assumaient pas suffisamment leurs responsabilités, soit à l’inverse pour soutenir qu’elles pouvaient en assumer aussi au-delà des seules exigences légales.

Pour notre part, la RSE est un concept dans lequel les entreprises minières intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. Nous percevons cette responsabilité comme la contribution de nos entreprises aux enjeux du développement durable en Guinée.

Par ailleurs, nous ne ménagerons aucun effort pour mener à bien le projet de réalisation d’opportunités d’affaires et d’emplois pour les PME et les populations locales dans le secteur minier, comme le préconise la Politique de Contenu local. Et notre contribution, j’en suis convaincu, permettra, entre autres, d’atteindre les objectifs du plan national du développement économique et social.

Il ne peut y avoir de développement durable sans l’adhésion des communautés locales au projet minier.

C’est pourquoi, je voudrais saluer d’une part les modalités de mise en application des dispositions du code minier relatives à la gestion des revenus miniers au profit des collectivités locales : Le Fonds de Développement Economique Local qui vise à promouvoir le développement des Collectivités abritant les sites d’exploitation minière et celles voisines.
Il est destiné à soutenir la réalisation des infrastructures de base, des activités génératrices de revenu dans les collectivités concernées et d’autres activités de développement prévues aux Plans de Développement Local des Collectivités concernées.
Enfin, je me réjouis de la signature de l’accord cadre de l’Appui à la Gouvernance des redevances minières (AGREM).

En effet, le projet AGREM est l’œuvre d’un partenariat fécond entre le gouvernement Guinéen, l’UNCDF, le PNUD, Charente-Maritime Coopération et la Chambre des Mines dont l’objectif est de favoriser des pratiques équitables, transparentes et responsables dans la gestion des redevances minières pour un développement durable et inclusif dans les collectivités locales des préfectures de Boké et de Boffa. La cohabitation des exploitations minières et des populations engendre de nombreux conflits. Conscient de ces problématiques, ce projet est important pour le gouvernement car il pourra lui servir de guide pour les autres zones minières du pays afin d’enclencher une plus grande cohésion sociale et un développement durable, respectueux des populations et de l’environnement

Je reste convaincu que tous ces outils et mécanismes permettront d’assurer une utilisation efficace des revenus miniers au profit des collectivités locales, gage de développement durable.

Le secteur minier, véritable levier de l’économie guinéenne, est appelé à jouer un rôle de plus en plus prépondérant dans l’avenir du pays et nous avons le devoir de nous préparer à l’inévitable renouvellement des instances dirigeantes des entreprises minières. Cela passe nécessairement par le développement de la formation.

A ce titre, nous saluons le partenariat avec HEC Paris qui a pour vocation de former des talents à fort potentiel, capables d’appréhender les grands enjeux sociaux, politiques et économiques pour l’émergence d’un secteur minier porteur de croissance et profitable à tous.
Pour l’année 2018, la Chambre des Mines lancera son premier programme de formation des cadres du secteur minier.

Le partenariat avec l’Institut Supérieur Géo-mines de Boké, qui ambitionne de devenir bientôt une école d’excellence dédiée aux mines, s’inscrit dans la même vision.

Au Gouvernement et à nos partenaires,
C’est le lieu de rappeler notre volonté de poursuivre le dialogue déjà amorcé avec le Gouvernement et les différents acteurs afin d’identifier les principales entraves liées au développement de nos opérations et de dégager des pistes de solution pour un développement minier responsable, dans un contexte de partenariat gagnant – gagnant.
La mission de la Chambre est de promouvoir les intérêts de tous nos Membres, très souvent dans des dossiers qui conditionnent leur développement (le code minier, la fiscalité, la sécurité minière, la Santé, pour ne citer que ceux-là) tandis que son rôle consiste, entre autres, à entretenir leur cohésion et à leur fournir certains services ; les interventions en Santé, avec la lutte contre le VIH/Sida et le paludisme dans les entreprises et au sein des communautés, sont au nombre de ceux-là..
Aussi, il convient de noter que cette démarche de la Chambre des Mines, dans le domaine de la Santé en faveur des employés des Sociétés minières et les communautés, lui vaut des satisfécits de la part de tous ses membres, de ses partenaires comme le Fonds mondial.
Chers membres,
La Chambre des Mines de Guinée a de grandes et de nobles ambitions qui se traduisent par son engagement à impulser, de concert avec ses différents partenaires, le développement économique et social de la Guinée. Mais les défis restent nombreux.
Pour 2018, nous continuerons à discuter avec le gouvernement sur les deux problématiques qui impactent l’activité minière, à savoir la question de la fiscalité minière et plus particulièrement la question de la TVA, mais aussi de la question douanière avec la liste minière des importations des équipements.
La Guinée est un grand pays minier. Elle se doit, pour assurer la pérennité des investissements, de se doter non seulement d’un cadre règlementaire stable et favorable aux investissements miniers mais aussi du respect des règles entre les parties prenantes, tout en simplifiant les procédures administratives.
C’est à ce prix que la seconde phase qui consiste à transformer nos matières premières deviendra une réalité.
« Faisons de notre Chambre, un outil efficace pour la défense de nos intérêts ! »
Je vous remercie.
Malick N’DIAYE, Président de la Chambre des Mines de Guinée

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