Situation économique de la Guinée en 2016 et perspectives 2017-2018, selon la Banque mondiale
S PHOTO ECONOMIE NATNL

Après une croissance encourageante en 2011 et 2012, l’économie guinéenne a subi plusieurs revers, notamment l’épidémie d’Ebola et une chute brutale des nouveaux investissements dans le secteur minier. Ces chocs externes ont été aggravés par l’agitation politique qui a précédé les élections législatives de 2013. L’effet combiné de ces facteurs a fait chuter la croissance du PIB à 0,4 % en 2014 et 0,1 % en 2015. Le secteur des services et celui des mines ont été affectés par la crise Ebola, à l’origine d’une forte contraction de l’activité dans le secteur minier. En revanche, l’agriculture a bien résisté, devenant le principal facteur de croissance en 2015.

La situation financière s’est gravement détériorée en 2015. Une grande partie des dépenses engagées en 2014 et 2015 pour lutter contre la flambée du virus Ebola ont été financées par les bailleurs de fonds et donateurs, dans le cadre du budget national et en marge de celui-ci. Néanmoins, l’atonie économique a fait chuter les recettes de plus de 2 % du PIB, alors que l’élection présidentielle et les efforts de relance économique ont fait grimper les dépenses. Maintenant que l’épidémie est enrayée, la croissance économique devrait remonter à 4 % en 2016 et à 5-6 % en 2017-2018, tout en restant très fragile. La production agricole devrait continuer à progresser au rythme soutenu des dernières années, alors que les industries manufacturières et les services devraient profiter du retour à la libre circulation des biens et des personnes à l’intérieur et à l’extérieur des frontières, ainsi que des améliorations apportées à l’approvisionnement électrique dans la capitale. Cependant, la relance de la production minière dépend d’une amélioration rapide du cadre réglementaire et d’une évolution favorable du prix des métaux sur le marché mondial. 

Selon une analyse de la viabilité de la dette réalisée par la Banque mondiale et le FMI en janvier 2015, la Guinée reste exposée à un risque modéré de surendettement. En appliquant le taux d’intérêt rehaussé et uniformisé de 5 % adopté en octobre 2013 (plutôt que de 3 %), l’équipe d’analystes n’a observé aucun changement dans les conditions de référence. Le classement « modéré » est basé sur la vulnérabilité du pays aux chocs économiques, les exportations, les investissements étrangers directs, les résultats budgétaires et le retard apporté à la réalisation des projets miniers. Les équipes de la Banque mondiale et du FMI collaborent étroitement avec les autorités pour que tous les prêts contractés en 2016 et par la suite aient un caractère fortement concessionnel et des conséquences visibles sur le développement.